Photo : Chris Hope (http://www.flickr.com/photos/tim_uk/8135755109/) [CC-BY-2.0 (http://creativecommons.org/licenses/by/2.0)], via Wikimedia Commons
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Montréal, 16 juin 2014 – Une équipe internationale de chercheurs a découvert un important élément génétique de l’épilepsie généralisée idiopathique (ÉGI). La forme la plus courante de ce trouble neurologique est caractérisée par des décharges électriques soudaines et incontrôlées dans le cerveau – les crises épileptiques. Les résultats de la nouvelle recherche, publiés dans le numéro de cette semaine d’EMBO Reports, mettent en cause la mutation du gène d’une protéine – le cotransporteur KCC2.

KCC2 maintient les bons niveaux d’ions de chlorure dans les neurones et joue un rôle important dans la régulation de l’excitation et de l’inhibition de neurones.  Les résultats indiquent qu’une mutation génétique de KCC2 pourrait être un facteur de risque pour développer l’ÉGI. 

« Nous avons constaté une association statistique claire entre deux variants de KCC2 et l’ÉGI grave dans un large échantillon de patients canadiens français », a indiqué le Dr Guy Rouleau, directeur de l’Institut et hôpital neurologiques de Montréal – le Neuro, à l’Université McGill et au Centre universitaire de santé McGill, et auteur principal de l’étude.  « Nos données corroborent les récents résultats d’autres groupes et les étoffent considérablement sur le plan génétique, physiologique et biochimique. »  Les premiers auteurs de l’article sont les docteurs Kristopher Kahle, résident-chef en neurochirurgie à l’Hôpital général du Massachusetts et boursier postdoctoral à l’Université Harvard, et Nancy Mener, autrefois boursière postdoctorale au laboratoire du Dr Rouleau et maintenant professeure à l’Université Auburn.

L’étude a examiné 380 Canadiens français atteints d’ÉGI et vivant à Montréal et à Québec. Les résultats ont été comparés aux données d’un groupe témoin de plus de 1200 personnes. « Le KCC2 est un sujet d’actualité en neurosciences, étant donné son important rôle dans la signalisation neuronale et son rôle potentiel dans des maladies neurologiques comme l’épilepsie, la douleur neuropathique et d’autres maladies », a souligné le Dr Rouleau.

Chaque jour, au Canada, quelque 42 personnes apprennent qu’elles sont atteintes d’épilepsie. Dans 50 % à 60 % des cas, la cause de l’épilepsie est inconnue. La principale forme de traitement est la pharmacothérapie à long terme. Les médicaments ne guérissent pas la maladie et peuvent avoir de nombreux effets secondaires, parfois graves. Une opération au cerveau est recommandée seulement lorsque la médication est inefficace et lorsque les crises sont confinées à une zone du cerveau où il est possible de retirer du tissu sans risque de nuire à la personnalité ou à la fonction cérébrale.

Le Neuro est à l’avant-garde du traitement de l’épilepsie et de la recherche sur cette maladie depuis plus de 50 ans. La méthode dite de Montréal mise au point au Neuro a révolutionné le traitement chirurgical de l’épilepsie. De plus, le Neuro a été le premier à recourir à l’EEG et à l’IRM pour étudier et traiter cette maladie. Le programme en épilepsie du Neuro a une équipe multidisciplinaire d’épileptologues, de neurochirurgiens, de personnel infirmier, de neuropsychologues, de neuropsychiatres, de travailleurs sociaux, de technologues en EEG, de personnel infirmier clinicien et de gestionnaires de soins.  Le programme fournit évaluation et traitements en milieu hospitalier et en consultations externes à plus de 3000 personnes par an et la clinique d’EEG effectue près de 4000 électroencéphalogrammes chaque année.

Des chercheurs du Neuro ont collaboré à cette étude avec des scientifiques de grands centres aux États-Unis, en France et au Royaume-Uni, ainsi que des chercheurs du Centre de recherche et du Département de médecine de l’Université de Montréal.

Version intégrale de l’article publié dans EMBO Reports:

http://embor.embopress.org/content/early/2014/06/10/embr.201438840

Le 16 juin 2014