Une exposition photo dévoile le visage humain de la crise

 
Né à Alep, en Syrie, Samir Touma avait cinq ans lorsque sa famille a immigré à Montréal. « Mes parents ont quitté la Syrie pour assurer un meilleur avenir à leurs enfants », explique l’étudiant en première année de médecine à l’Université McGill. « Mon père était venu au Canada en voyage d’affaires et avait vu le potentiel pour sa famille. »

Conscient des sacrifices de ses parents, qui ont dû déraciner leur famille pour se réinstaller à l’autre bout du monde, Samir croit qu’étudier et travailler fort est le moins qu’il puisse faire pour les remercier. Les sciences l’ont toujours fasciné – une passion qu’il partage d’ailleurs avec son frère aîné – mais c’est un incident vécu lorsqu’il était enfant qui l’a fait rêver d’études en médecine.

« Lorsque j’étais enfant, nous avons eu un accident de voiture », raconte-t-il. « Pendant que nous attendions l’ambulance, un passant s’est arrêté pour nous aider et me rassurer. C’était un médecin qui faisait sa promenade quotidienne dans le parc lorsqu’il m’a aperçu. J’ai vu pour la première fois que les médecins peuvent aider leur prochain dans tous les contextes, pas seulement à l’hôpital ou à la clinique. Depuis, je rêve d’exercer une profession qui me permet d’aider les autres au quotidien. »

Une image vaut mille mots

« À titre de défenseur de la santé mondiale au sein de la Fédération des étudiants et des étudiantes en médecine du Canada, l’une de mes responsabilités est de sensibiliser les étudiants à différents sujets liés à la santé mondiale », ajoute Samir. « Étant Syrien d’origine, la guerre qui sévit dans le pays depuis six ans me touche personnellement. J’étais donc très motivé à organiser une activité pour aborder ce sujet. »

Plutôt que d’organiser une conférence ou une causerie, Samir a choisi de susciter l’intérêt de ses pairs autrement. Estimant que l’impact visuel des images l’aiderait à atteindre son objectif, il s’est souvenu d’une exposition sur la crise des réfugiés présentée dans le cadre du World Press Photo, l’an dernier, et intitulée « Je ne viens pas de l’espace/ I am not from outer space ». Il s’est informé auprès des organisateurs s’il était possible de louer les œuvres. Après de nombreux échanges par courriel et par téléphone, il a finalement pu acquérir les droits de l’exposition.

Le 7 avril, les efforts de Samir ont porté fruit : l’exposition entière a été présentée dans le local des étudiants en médecine, dans l’Annexe Meredith. L’événement mettant également en vedette de la musique et des plats syriens s’est déroulé comme prévu et a attiré quelque 80 étudiants au fil de la journée. L’initiative a valu à Samir des commentaires élogieux. 

De nobles ambitions

Après le succès de l’exposition photo, Samir espère travailler à d’autres projets liés à la santé mondiale durant l’année, et continuer à l’avenir de s’impliquer en santé mondiale et sur le plan humanitaire. « Que ce soit en agissant pour changer les politiques publiques ou en prenant directement part aux efforts, j’aimerais consacrer une partie de mon temps à améliorer la santé de tous les habitants de notre planète », conclut Samir. « Comme l’a dit Martin Luther King : de toutes les formes d’inégalités, l’injustice en matière de santé est la plus révoltante et inhumaine. »

 

Le 25 avril 2017