Source : CUSM

Une nouvelle étude suggère que l’hydroxychloroquine n’est pas efficace pour prévenir le développement de la COVID-19 chez les personnes exposées au SRAS-CoV-2, le virus responsable de la maladie. C’est la principale conclusion du premier essai en double aveugle, randomisé et contrôlé par placebo, évaluant l’efficacité de l’hydroxychloroquine pour prévenir la maladie, à être achevé. Coordonné avec une vaste étude menée par le Dr David Boulware à l’Université du Minnesota, cet essai clinique a été mené au Canada par les Drs Todd Lee et Emily McDonald à l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM), en collaboration avec des partenaires des universités du Manitoba et de l’Alberta. Les résultats sont publiés aujourd’hui dans le New England Journal of Medicine.

Le Dr Todd Lee est membre du Programme en maladies infectieuses et immunité en santé mondiale à l’Institut de recherche du CUSM, et il mène ses recherches au Centre de recherche évaluative en santé

« Alors que nous avions l’espoir que ce médicament fonctionnerait dans ce contexte, notre étude démontre que l’hydroxychloroquine n’est pas meilleure que le placebo lorsqu’elle est utilisée comme prophylaxie post-exposition dans les quatre jours suivant l’exposition à une personne infectée par le nouveau coronavirus », déclare le Dr Lee, scientifique à l’IR-CUSM, professeur agrégé de médecine, division des maladies infectieuses à l’Université McGill et l’un des principaux auteurs de l’étude.

Cet essai a été mené auprès de 821 adultes asymptomatiques ayant été exposés à la maison ou dans un milieu de soins à une personne atteinte de la Covid-19, qui ont été recrutés à travers les États-Unis et dans les provinces canadiennes du Québec, du Manitoba et de l’Alberta. Parmi eux, 719 participants ont signalé une exposition à haut risque à un cas confirmé de COVID-19, soit à moins de deux mètres pendant plus de dix minutes, sans un des éléments de l’équipement de protection individuelle (par exemple, un masque ou un écran facial). Pour la plupart, il s’agissait de jeunes adultes en bonne santé vivant dans la collectivité (âge moyen de 40 ans).

Dans les quatre jours suivant l’exposition, les participants ont reçu un placebo ou de l’hydroxychloroquine par courrier commercial, à prendre pendant cinq jours, en commençant par une dose plus forte le premier jour. Les chercheurs et les participants n’ont pas été informés des traitements administrés, et un comité de surveillance et de suivi indépendant a examiné les données à l’externe.

La Dre Emily McDonald est membre du Programme en maladies infectieuses et immunité en santé mondiale à l’Institut de recherche du CUSM, et elle mène ses recherches au Centre de recherche évaluative en santé

« C’est la méthode de référence pour ce type d’intervention », déclare la Dre McDonald, chercheuse à l’IR-CUSM, directrice de l’Unité d’évaluation des pratiques cliniques du CUSM et co-auteure de l’étude. « Il est incroyablement important que nous réalisions des essais contrôlés randomisés afin de disposer des meilleures informations disponibles sur la manière de prévenir la propagation de la COVID-19. »

Dans l’ensemble, 107 des 821 participants ont développé la COVID-19 (soit un cas confirmé par un test ou des symptômes compatibles) au cours des 14 jours de suivi. Les cas confirmés et les cas probables ont été inclus dans l’étude en raison du manque de disponibilité de tests de diagnostic aux États-Unis. Parmi les personnes ayant reçu de l’hydroxychloroquine, 49 ont développé la maladie (ou des symptômes compatibles tels que la fièvre ou la toux), contre 58 dans le groupe ayant reçu le placebo. Deux patients ont été hospitalisés, un dans chaque groupe. Aucun décès n’est survenu.

Les effets secondaires de la médication, tels que les nausées et la gêne abdominale, étaient plus fréquents chez les patients prenant de l’hydroxychloroquine que chez ceux ayant reçu le placebo (40 % contre 17 %), mais aucun effet indésirable grave lié au traitement et aucune arythmie cardiaque n’ont été signalés.

« Les résultats de notre étude mettent la politique de côté et fournissent des informations impartiales pour guider la pratique dans la prévention de la COVID-19 et renforcer l’importance des essais cliniques randomisés, alors que nous travaillons ensemble au niveau national et international pour combattre le nouveau coronavirus », a déclaré le Dr Ryan Zarychanski, chercheur principal au Manitoba, professeur agrégé de médecine interne au Max Rady College of Medicine de l’Université du Manitoba et scientifique principal au Research Institute in Oncology and Hematology.

Les co-chercheurs ayant participé à cette étude incluent Matthew Cheng, Ilan Schwartz, Lauren MacKenzie, Glen Drobot, Nicole Marten, Lauren Kelly et Sylvain Lother.

Essais cliniques en cours sur l’hydroxychloroquine

Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si l’hydroxychloroquine peut être efficace pour le traitement précoce de la COVID-19, et si la prophylaxie pré-exposition peut être efficace dans les populations à haut risque. Divers essais cliniques sont en cours dans le monde, y compris au Canada (covid-19research.ca). Au CUSM, un essai portant sur le traitement précoce à domicile est en cours.

 

À propos de l’étude

L’étude A Randomized Trial of Hydroxychloroquine as Postexposure Prophylaxis for Covid-19 a été conduite par David R. Boulware M.D. MPH, Matthew F Pullen M.D., Ananta S Bangdiwala MS, Katelyn A Pastick BSc, Sarah M Lofgren M.D., Elizabeth C Okafor BSc, Caleb P Skipper M.D., Alanna A

Nascene BA, Melanie R Nicol Pharm. D. Ph. D., Mahsa Abassi DO MPH, Nicole W Engen MS,

Matthew P Cheng M.D., Derek LaBar Pharm. D., Sylvain A Lother M.D., Lauren J MacKenzie

M.D., MPH, Glen Drobot M.D., Nicole Marten RN, Ryan Zarychanski M.D. M. Sc., Lauren E Kelly

Ph. D., Ilan S Schwartz M.D. Ph. D., Emily G McDonald M.D. MSc, Radha Rajasingham M.D., Todd

C Lee M.D. MPH, Kathy H Hullsiek Ph. D.

Ces travaux ont été rendus possibles grâce au financement de l’Unité d’évaluation des pratiques cliniques du CUSM et sont parmi les programmes de recherche essentiels soutenus par l’Initiative interdisciplinaire de McGill en infectiologie et immunité (MI4), qui ont bénéficié d’un financement de démarrage de la Fondation du CUSM.

 

À propos de l’IR-CUSM

L’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) est un centre de recherche de réputation mondiale dans le domaine des sciences biomédicales et de la santé. Établi à Montréal, au Canada, l’Institut, qui est affilié à la faculté de médecine de l’Université McGill, est l’organe de recherche du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) – dont le mandat consiste à se concentrer sur les soins complexes au sein de sa communauté. L’IR-CUSM compte plus de 460 chercheurs et près de 1 300 étudiants et stagiaires qui se consacrent à divers secteurs de la recherche fondamentale, de la recherche clinique et de la recherche en santé évaluative aux sites Glen et à l’Hôpital général de Montréal du CUSM. Ses installations de recherche offrent un environnement multidisciplinaire dynamique qui favorise la collaboration entre chercheurs et tire profit des découvertes destinées à améliorer la santé des patients tout au long de leur vie. L’IR-CUSM est soutenu en partie par le Fonds de recherche du Québec – Santé (FRQS). ircusm.ca

 

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