Octobre est le mois de la sensibilisation aux tumeurs cérébrales 

Image: Nuada Medical / Wellcome Images/flickr
Image: Nuada Medical / Wellcome Images/flickr

Chaque jour, 27 Canadiens reçoivent un diagnostic de tumeur au cerveau et, selon les estimations, 55 000 Canadiens survivent avec une tumeur au cerveau.  La forme la plus courante de tumeur cérébrale maligne primaire est le glioblastome multiforme (GBM). La durée de survie moyenne est de moins d’un an, même avec un traitement agressif.  À l’Institut et hôpital neurologiques de Montréal (le Neuro) de l’Université McGill et du Centre universitaire de santé McGill, chercheurs et médecins s’appliquent à combiner les meilleurs traitements possible et la recherche de pointe au profit de patients atteints de cancer du cerveau.

Le programme de neurooncologie du Neuro

Au Québec, le programme de neurooncologie est le seul pour adultes à détenir une désignation suprarégionale de niveau 4 (la désignation la plus élevée) de la province. Plus de 3000 patients consultent à la clinique de neurooncologie chaque année. L’équipe interdisciplinaire formée de 14 professionnels, dont des chirurgiens, du personnel infirmier, des oncologues, des thérapeutes en réadaptation et un travailleur social, a fait d’importantes contributions pour améliorer les soins offerts aux personnes atteintes d’une tumeur au cerveau et à leur famille.

Le Centre de recherche sur les tumeurs au cerveau du Neuro

Le Centre de recherche sur les tumeurs au cerveau du Neuro combine les meilleurs soins cliniques possible et la recherche de pointe. Huit chercheurs principaux y travaillent à temps plein avec plus de 70 étudiants, stagiaires et membres du personnel pour identifier en laboratoire de nouveaux et prometteurs agents et stratégies, dont profitent rapidement les patients qui en ont besoin. 

Nouvelles techniques chirurgicales 
Échographie-IRM

Une technique d’imagerie cérébrale améliorée a été mise au point pour les neurochirurgies par le Pr Louis Collins et des collègues du Centre d’imagerie cérébrale McConnell. Elle combine l’échographie et l’imagerie par résonance magnétique (IRM). Le recours à l’échographie durant une intervention au cerveau permet de distinguer les tissus sains des tumeurs, mais il arrive que les images soient difficiles à interpréter. Le Pr Collins et son équipe ont donc trouvé le moyen de mettre en corrélation les images obtenues pendant l’intervention par échographie et les résultats préopératoires d’IRM. La cartographie plus précise qui en résulte facilite d’autant l’ablation de la tumeur.

Outil chirurgical qui éclaire littéralement les tumeurs  

Un nouvel outil chirurgical, la résection sous fluorescence, pourrait accroître considérablement l’efficacité de l’ablation chirurgicale d’une tumeur cancéreuse au cerveau.  Un métabolite appelé 5-ALA est administré au patient. Lorsque le 5-ALA est métabolisé, un de ses sous-produits est fluorescent. Cette voie métabolique est plus active dans les cellules cancéreuses, ce qui les rend plus fluorescentes – donc plus faciles à distinguer de cellules cérébrales normales. Cette caractéristique est particulièrement utile pour repérer la ligne de démarcation entre le tissu cancéreux et le tissu sain. Le chirurgien peut ainsi effectuer une résection plus complète de la tumeur et éviter d’endommager des zones cruciales du cerveau durant l’intervention. 

Comprendre les mécanismes du cancer du cerveau 
Freiner génétiquement les tumeurs cérébrales

« La façon de freiner la prolifération de cellules cancéreuses au cerveau est d’inhiber l’expression génique », souligne le neurochirurgien Kevin Petrecca. Plusieurs années d’essai et de recherche ont mené à une approche de thérapie génique précise que le Dr Petrecca compare à « un interrupteur empêchant la prolifération de cellules cancéreuses au cerveau ». L’équipe du Neuro a conçu un agent moléculaire artificiel qu’elle a d’abord introduit dans des modèles de cellules cancéreuses en culture, puis dans des modèles précliniques. Dans les deux cas, la progression des cellules cancéreuses a été freinée. L’équipe fera passer ce traitement à l’étape des essais cliniques.  

Élément important de l’énigme moléculaire de la tumeur cérébrale

La Pre Anita Bellail et des collègues ont montré qu’un membre de la famille de protéines appelées SUMO (pour small ubiquitin-like modifier) est déterminant pour comprendre la multiplication incontrôlable de cellules cancéreuses, en particulier dans le cas du glioblastome, le cancer du cerveau le plus courant et mortel. Les protéines de la famille SUMO modifient d’autres protéines et la SUMOylation de protéines est cruciale pour maints processus cellulaires. Établir le rôle des SUMO dans la croissance des cellules cancéreuses donnera lieu à une nouvelle stratégie pour traiter le glioblastome.

Enrayer la progression des tumeurs

Le Pr Stefano Stifani et des collègues ont identifié deux facteurs clés dans la croissance du glioblastome.  Un glioblastome contient une combinaison complexe de différents types de cellules, dont des cellules « analogues aux cellules souches » pouvant amorcer la croissance d’une tumeur cérébrale, même si elles ne sont présentes qu’en très petit nombre.  Ces cellules, appelées cellules initiatrices de tumeur cérébrale (brain tumour initiating cells, ou BTIC), passent pour être parmi les cellules pouvant réactiver un glioblastome si elles ne sont pas supprimées complètement par une intervention chirurgicale, de la radiothérapie et de la chimiothérapie. L’implication des facteurs de transcription FOXG1 et TLE dans la capacité de formation tumorale des BTIC ouvre la voie à de possibles stratégies pour bloquer la croissance de tumeurs – une avancée majeure dans la lutte contre le glioblastome.

Biomarqueurs pour tumeurs au cerveau

La création de biomarqueurs fiables à utiliser dans le traitement de tumeurs au cerveau de haut grade de malignité est recherchée au moyen de l’imagerie par résonance magnétique rehaussée par contraste dynamique (IRM RCE). Or, la signification biologique des données engendrées par cette technique est souvent difficile à interpréter et le taux d’échec est élevé (50 %) en raison des défis techniques. L’IRM de perfusion par marquage de spins artériels (ASL pour Arterial Spin Labeling) offre des avantages distincts par rapport à l’IRM RCE, mais l’expérience avec l’IRM ASL dans le cas de tumeurs au cerveau est limitée. Un projet mené par le Dr Barry Bedell compare la technologie de l’IRM ASL et de l’IRM RCE au moyen d’études d’imagerie sur 10-15 patients chez qui on soupçonne un gliome cérébral de haut grade de malignité. Les données de l’étude montreront si l’IRM ASL peut remplacer la méthode existante ou si elle fournit de l’information différente et complémentaire et si elle pourrait être utilisée parallèlement.

Le Neuro

L’Institut et hôpital neurologiques Montréal – le Neuro, est un centre médical universitaire unique qui se consacre aux neurosciences. Fondé en 1934 par l’éminent neurochirurgien Wilder Penfield, le Neuro a acquis une renommée internationale pour son intégration de la recherche, de ses soins exceptionnels aux patients et de sa formation spécialisée, essentiels à l’avancement de la science et de la médecine. À la fois institut de recherche et d’enseignement de l’Université McGill, le Neuro constitue l’assise de la mission en neurosciences du Centre universitaire de santé McGill.  Les chercheurs du Neuro sont des chefs de file reconnus mondialement pour leur expertise en neurosciences cellulaire et moléculaire, en imagerie du cerveau, en neurosciences cognitives, ainsi que dans l’étude et le traitement de l’épilepsie, de la sclérose en plaques et de troubles neuromusculaires. Pour tout renseignement, veuillez consulter leneuro.com.

Le 3 octobre 2014