Une nouvelle étude fait suivre un cours de 12 semaines à 40 patients

 

Photo : Jan Bommes/flickr
Photo : Jan Bommes/flickr

MONTRÉAL – Danser le tango argentin pourrait profiter aux personnes qui en sont à certains stades du développement de la maladie de Parkinson (MP). Voilà ce qui ressort d’une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Institut et hôpital neurologiques de Montréal – le Neuro, l’Université McGill et l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill. L’étude sur les changements qui touchent les capacités motrices de patients à la suite d’un cours de 12 semaines de tango est la première à évaluer l’effet du tango sur les symptômes non moteurs.

L’étude examinait la valeur thérapeutique possible d’une activité sociale et physique liée à la musique, comme le tango, pour des personnes atteintes de la MP qui souffrent typiquement de dysfonctions motrices – tremblements, rigidité, trouble de la démarche – ainsi que de symptômes non moteurs, comme la dépression, la fatigue et la dégénérescence des fonctions cognitives. Quarante hommes et femmes atteints du syndrome parkinsonien idiopathique ont pris part à l’étude et aux cours donnés en studio par deux spécialistes de la danse. Les patients sont suivis aux Cliniques des troubles du mouvement du Centre universitaire de santé McGill.

« De plus en plus de preuves montrent que l’activité physique habituelle est associée à un risque plus faible de développer la MP, ce qui semble indiquer un ralentissement potentiel de la progression de la MP », a indiqué Dre Silvia Rios Romenets, chercheuse principale de l’étude qui s’intéresse à la maladie de Parkinson et à la thérapie par la danse. Dre Rios Romenets est boursière de recherche clinique aux Cliniques des troubles du mouvement du Neuro et de l’Hôpital général de Montréal. « L’étude a montré que le tango permet d’améliorer considérablement l’équilibre et la mobilité fonctionnelle et semble encourager les patients à reconnaître les mérites du déroulement général de leur thérapie. Nous avons aussi constaté de modestes avantages pour les fonctions cognitives des patients et une diminution de la fatigue. Aucun changement important n’a été décelé dans l’ensemble des fonctions motrices. »

Le tango argentin peut se révéler très utile pour améliorer l’équilibre et la mobilité fonctionnelle chez les patients atteints de la MP. Le tango impose des pas particuliers qui exigent d’avancer et de reculer de façon rythmique. Cela peut être utile dans le cas de difficultés à marcher, surtout pour le blocage soudain à l’initiation de la marche et pour prévenir les chutes vers l’arrière. De plus, le tango exige de se servir de sa mémoire de travail, de contrôler son attention et d’avoir la capacité de mener plusieurs tâches de front pour intégrer des éléments de danse appris antérieurement ou depuis peu, suivre le rythme de la musique et se déplacer autour des autres danseurs sur la piste.

Nombre de patients atteints de la MP trouvent inintéressants les programmes classiques d’exercice. Plus de la moitié des patients atteints de la MP ne parviennent pas à pratiquer la dose quotidienne recommandée d’activité physique. Il existe toutefois un lien entre la musique et les systèmes de dopamine dans le cerveau – qui sont déterminants pour établir et maintenir le comportement. En conséquence, combiner la musique avec l’exercice dans la danse, comme pour le tango, peut accroître l’accessibilité, l’agrément et la motivation, ainsi qu’améliorer l’humeur et stimuler la cognition. De plus, l’interaction sociale et le soutien social que suppose le tango ont des résultats positifs sur l’humeur et la conformité.

L’étude a paru en avril 2015 dans Complementary Therapies in Medicine et a été subventionnée par la Société Parkinson Canada et le Fonds de recherche santé Québec : http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0965229915000291

Le 13 avril 2015