Une étude mondiale révèle que les sanctions pour refus de vaccination varient grandement selon les pays


Source : Salle de Presse McGill

En pleine pandémie de COVID-19, la vaccination est plus que jamais au cœur des préoccupations en santé publique. On remarque toutefois que les pays ne mettent pas tous la même énergie à augmenter le taux de vaccination. En comparant des politiques de vaccination obligatoire de partout dans le monde, des chercheurs de l’Université McGill ont constaté que les sanctions pour refus de vaccination différaient grandement selon les pays, allant de l’amende à la peine d’emprisonnement.

« Il faut absolument atteindre et maintenir un taux de vaccination élevé à la grandeur de la planète. La COVID-19 nous fait prendre conscience de la difficulté de lutter contre une maladie infectieuse sans vaccin. Beaucoup de maladies sont évitables par la vaccination; pourtant, dans de nombreux pays, les taux de vaccination ne sont pas suffisamment élevés pour prévenir les éclosions », explique Nicole Basta, professeure agrégée au Département d’épidémiologie, de biostatistique et de santé au travail de l’Université McGill.

Dans cette étude, publiée dans la revue Vaccine, les chercheurs ont évalué les politiques de vaccination obligatoire de tous les pays reconnus par les Nations Unies. « Les programmes de vaccination constituent l’un des outils les plus efficaces et rentables en santé publique. Un taux de vaccination élevé à l’échelle mondiale est essentiel, surtout pendant une pandémie », précise Katie Gravagna, auteure principale et étudiante à la maîtrise en épidémiologie sous la direction de la Pre Nicole Basta.

Différentes sanctions en cas de non-conformité

Les chercheurs ont découvert que parmi les 193 pays étudiés, 105 (soit 54 %) possédaient une politique nationale de vaccination rendant obligatoire au moins un vaccin. Parmi eux, 62 pays (59 %) prévoyaient également une ou plusieurs sanctions en cas de non-respect de la vaccination obligatoire. Ils ont aussi constaté que les types de sanctions, ainsi que leur sévérité et leur fréquence d’imposition, variaient beaucoup entre les régions, allant d’amendes uniques minimes à des peines d’emprisonnement.

Les sanctions recensées étaient principalement financières et éducatives, ces dernières prenant le plus souvent la forme d’une interdiction de fréquenter l’école tant que les vaccins n’avaient pas été administrés. Parmi les 32 pays qui imposaient des sanctions financières, 53 % infligeaient des amendes uniques de moins de 1 000 $ US. Des peines d’emprisonnement étaient une possibilité dans 12 pays, dont sept prévoyaient des peines de moins de six mois. Les résultats révèlent aussi que l’Italie comptait parmi les pays les plus sévères, une infraction à la politique de vaccination obligatoire pouvant mener à une perte temporaire des droits parentaux.

« Nos conclusions ont préparé le terrain pour la prochaine étape la plus importante : déterminer si ces politiques de vaccination obligatoire et les sanctions utilisées sont efficaces, bénéfiques ou nuisibles dans la quête d’une vaccination massive. Nous devons définir des pratiques exemplaires pour le maintien d’un taux de vaccination élevé partout dans le monde; c’est pourquoi les études comparatives sont importantes », conclut la Pre Basta.

L’étude

L’article « Global Assessment of National Mandatory Vaccination Policies and Consequences of Non-Compliance », par Katie Gravagna, Andy Becker, Robert Valeris-Chacin, Inari Mohamed, Sailee Tambe, Fareed Awan, Traci Toomey et Nicole Basta, a été publié dans VaccineVaccine est la revue de prédilection de ceux qui s’intéressent aux vaccins et à la vaccination. Il s’agit de la revue officielle de la Edward Jenner Society et de la The Japanese Society for Vaccinology; elle est publiée par Elsevier. Des copies de l’article sont disponibles pour les journalistes accrédités qui en feront la demande.

DOI : https://doi.org/10.1016/j.vaccine.2020.09.063

 

 

Le 22 octobre 2020