Une technique laparoscopique adaptée soutient le développement d’embryons et fait progresser les normes en matière de bien-être animal

Dans le cadre de ses efforts constants visant à réduire l’utilisation d’animaux en recherche et dans le but de raffiner les pratiques de recherche ayant recours à des animaux, une équipe de collaboratrices et de collaborateurs de L’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (L’Institut) a mis au point une méthode minimalement effractive de recueillir des oocytes de marmoussets communs. Cette méthode accroît ainsi l’efficacité procédurale et le bien-être animal en adéquation avec le principe des Trois R.

Cette étude, dirigée par Vilceu Bordignon, Ph. D., D.M.V., du campus Macdonald de l’Université McGill, en collaboration avec Keith Murai, Ph. D., du Programme en réparation du cerveau et en neurosciences intégratives de L’Institut et avec la Division des ressources animalières, sous la direction de Lucie Côté, D.M.V., M.B.A., décrit l’adaptation de prélèvement ovocytaire par laparoscopie aux fins d’utilisation chez les marmoussets. Combiné avec la stimulation hormonale optimisée, le protocole raffiné a soutenu le développement d’embryons par la fécondation in vitro (FIV) et par le transfert de matériel nucléaire d’une cellule somatique; cette technique s’est traduite par des grossesses réussies et par des naissances vivantes dans des expériences de validation. Mises ensemble, ces avancées offrent une approche plus pratique et plus échelonnable pour ce qui est de générer des modèles de marmoussets génétiquement modifiés, auxquels on a de plus en plus recours pour étudier des maladies humaines complexes.

Publiés dans Lab Animal, les résultats des travaux susmentionnés ont fait la une du numéro de janvier de ce magazine, ce qui reconnaît leur contribution aux avancées dans le domaine de la science des animaux de laboratoire.

Raffiner des approches déjà établies

Les marmoussets communs revêtent une valeur particulièrement appréciable pour l’étude de troubles neurologiques ou génétiques, en raison des similitudes qu’ils présentent avec les humains sur les plans physiologique et développemental. Traditionnellement, le prélèvement d’oocytes chez cette espèce nécessitait que l’on procède à une chirurgie abdominale ouverte, ce qui limitait des interventions chirurgicales à répétition et ce qui alourdissait le fardeau chirurgical.

L’équipe de chercheuses et de chercheurs a évalué si une laparoscopie minimalement effractive — à laquelle on a abondamment recours en médecine vétérinaire de la reproduction — pourrait être adaptée aux marmoussets sans compromettre la qualité des oocytes ou leur potentiel sur le plan du développement. Les protocoles de stimulation hormonale ont été modifiés afin d’en améliorer la cohérence et l’efficacité. L’approche minimalement effractive soutient aussi une récupération plus rapide, permettant ainsi aux animaux de retrouver plus rapidement leur comportement normal.

En permettant les prélèvements multiples sur le même animal sans en compromettre la santé, le bien-être ou les résultats en termes de reproduction, la méthode décrite ici réduit le nombre d’animaux nécessaires pour la recherche et raffine la manière de faire des interventions chirurgicales, ce qui s’harmonise avec le principe des Trois R (plus particulièrement la Réduction et le Raffinement).

Soins animaliers et normes en matière de recherche

Toutes les interventions chirurgicales ont été faites au titre de protocoles institutionnels validés relatifs à l’utilisation d’animaux, conformément aux lignes directrices nationales. Les travaux décrits ici témoignent de l’engagement continu de L’Institut pour ce qui est de respecter le principe des Trois R (Remplacement, Réduction et Raffinement) et d’améliorer continuellement la manière dont on donne des soins aux animaux utilisés en recherche.

En remplaçant la chirurgie ouverte par des interventions chirurgicales minimalement effractives pratiquées à répétition sur les mêmes animaux, le protocole contribue à minimiser l’inconfort et le temps de récupération, tout en soutenant l’utilisation responsable d’animaux en recherche. « Ce projet constitue une collaboration étroite entre l’équipe de chercheuses et de chercheurs et l’équipe responsable des soins vétérinaires. Nous sommes toujours en quête de moyens de réduire l’incidence de la recherche sur les animaux dans les soins que nous prodiguons. Des approches comme celle-là nous permettent de rendre les interventions chirurgicales moins effractives et de soutenir une récupération plus rapide, tout en assurant la progression de travaux scientifiques importants », explique la Dre Côté.

À propos de la publication

Les résultats de l’étude intitulée « Efficient production of common marmoset embryos with in vitro fertilization and somatic cell nuclear transfer following optimized hormonal stimulation and laparoscopic oocyte collection », réalisée par Baldassarre H., Glanzner W.G., Gutierrez K., Raja R., Fok A.H.K., Shea A., Pellegrin A., Cozma I., Côté L., Murai K., Bordignon V., ont été publiés dans Lab Animal (2026). Système DOI : 10.1038/s41684-025-01652-y.

Énoncé de position sur l’utilisation des animaux en recherche biomédicale, L’Institut

L’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (L’Institut) reconnaît que la recherche animale demeure essentielle à l’avancement des connaissances médicales et à l’amélioration de la santé humaine. Elle contribue notamment à mieux comprendre les maladies complexes et à développer de nouveaux traitements.

À L’Institut, le recours aux animaux en recherche n’a lieu que lorsqu’aucune solution de rechange appropriée n’est disponible. Nous sommes fermement engagés à assurer une utilisation éthique et responsable des animaux, dans le respect des normes les plus élevées en matière de soins et de bien-être animal. Tous les projets sont soumis à des processus rigoureux d’évaluation et d’approbation, et sont entièrement conformes aux lignes directrices du Conseil canadien de protection des animaux (CCPA), qui encadre à l’échelle nationale les activités scientifiques impliquant des animaux au Canada.

La recherche animale à L’Institut est menée dans des installations spécialisées, par du personnel qualifié, sous la supervision de médecins vétérinaires. Guidés par les principes de Remplacement, de Réduction et de Raffinement (les trois R), nous nous efforçons continuellement de limiter le recours aux animaux et d’améliorer leurs conditions de vie.

Guidé par la transparence, la responsabilité et la compassion, l’Institut veille à ce que la recherche impliquant des animaux soit menée avec rigueur, intégrité et respect.

Nouvelles connexes

La Division des ressources animales à l’honneur dans Découverte