Ce cardiologue a exercé dans les domaines de la médecine et des politiques publiques sous deux administrations américaines différentes

Cette année, la conférence Wilder Penfield sera donnée par le Dr Garth Graham, directeur de YouTube Health. Cardiologue, chercheur et expert en santé publique, au cours de sa carrière, le Dr Graham a occupé le poste de sous-secrétaire adjoint à la Santé dansde deux administrations américaines. Il a aussi été vice-doyen chargé de la politique de santé et directeur de la recherche sur les services de santé au sein du département de médecine de l’École de médecine de l’Université de Floride. Il a également été nommé président de la Fondation Aetna et vice-président et directeur de la santé communautaire chez CVS Health.

Membre élu de l’Académie nationale de médecine, le Dr Graham a obtenu son diplôme de médecine à l’Université Yale, il a ensuite fait une maîtrise en santé publique de l’école de santé publique de Yale. Puis il a suivi une formation en médecine interne au Massachusetts General Hospital et une spécialisation en cardiologie à Johns Hopkins.

 

Vous avez exercé comme cardiologue, chercheur et responsable de la santé publique, puis occupé un poste de dirigeant dans le secteur de la santé et de responsable technologique. Parmi toutes ces expériences, quelle est celle qui a le plus marqué votre vision de la santé? Pourquoi?

Je crois que mon expérience dans le secteur technologique a certainement influé de manière profonde sur ma conception des soins de santé. Elle a renforcé l’idée que la plupart des soins sont prodigués en dehors du cabinet du médecin ou de l’hôpital, car, en fait, les patients s’informent et prennent des décisions relatives à leur état de santé tous les jours.

Par conséquent, les cliniciens comme moi ne voient que la partie émergée de l’iceberg, puisqu’ils passent juste une demi-heure, voire 50 minutes, avec chacun de leurs patients. Néanmoins, au quotidien, à chaque moment, les gens prennent des décisions qui influent directement sur leur physiologie et leur état de santé. Il importe donc de réfléchir à la manière dont on gère cette réalité au sein du système de santé.

Vous avez œuvré à la croisée de la médecine et des politiques publiques sous deux administrations américaines différentes. Que retirez-vous de cette expérience sur les interventions qui pourraient vraiment changer la santé de la population?

Ces différentes expériences ont été marquées par de multiples initiatives pour améliorer la santé publique, et toutes ces politiques présentaient un intérêt particulier. Par conséquent, une réelle amélioration de la santé nécessite une approche multidimensionnelle. Parmi les principales interventions, citons la couverture d’assurance, l’accès aux soins en région ou l’amélioration des soins de première ligne, car il n’existe pas de solution miracle. Il faut savoir qu’aucun de ces éléments n’est la panacée qui pourra tout résoudre, mais une des solutions susceptibles d’améliorer les résultats.

Les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle modifient radicalement la manière dont les gens perçoivent leur santé. Les professionnels de santé perdent-ils progressivement leur rôle traditionnel en tant que source fiable d’information?

Je pense que les professionnels conserveront toujours ce rôle, étant donné qu’ils ont un contact direct avec les patients et qu’ils les connaissent mieux que les outils technologiques. Les patients continueront donc de faire confiance aux professionnels de la santé qui leur serviront de référence en matière de soins.

Les moyens technologiques permettent aux patients d’obtenir plus d’informations, ce qui favorise leur autonomie, toutefois, les cliniciens resteront toujours les principaux acteurs des soins de santé, qu’ils soient infirmiers, thérapeutes ou médecins.

Imaginez-vous à l’époque où vous étudiiez la médecine à Yale. Qu’est-ce qui étonnerait le plus le jeune Garth Graham quant à l’évolution de la médecine et de sa propre carrière?

Je n’aurais en aucune façon pu imaginer les occasions qui m’ont été offertes au cours de ma vie professionnelle ni la manière dont elles se sont produites. Les multiples méandres de ce cheminement m’auraient très probablement surpris. Et, selon moi, la leçon à en tirer, c’est qu’on avance à mesure qu’on évolue, et qu’il est difficile de prédire ce qui va arriver ensuite. L’écosystème se métamorphose, de nouvelles occasions se présentent. La dynamique et la technologie changent. Les choses se transforment. Je pense qu’il faut savoir progresser avec le système, avec l’écosystème ou avec les circonstances pour en tirer parti en y apportant ses propres compétences, ses raisonnements et ses expériences.

 

La Conférence 2026 Wilder Penfield aura lieu au Neuro (Institut-Hôpital neurologique de Montréal) le 14 octobre.