Des travaux dirigés par Marilyn Ahun relient les difficultés socioémotionnelles en petite enfance au bien-être parental et proposent des actions politiques pour renforcer les systèmes de santé mentale infantile
De nouveaux travaux de recherche, dirigés par Marilyn N. Ahun, Ph. D., scientifique junior au sein du Programme en santé de l’enfant et en développement humain, aident à combler une lacune importante en matière de données probantes sur la santé mentale chez le jeune enfant dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Ces travaux, fondés sur la population, mettent l’accent sur les communautés périurbaines dans le sud du Ghana et tirent parti de données provenant de plus de 700 ménages comptant des enfants ayant entre 6 et 60 mois. Ils révèlent une forte prévalence de problèmes socio-émotionnels; on estime que près de la moitié des jeunes enfants courent un risque élevé en ce qui a trait à plusieurs aspects de leur développement, y compris la régulation émotionnelle, la communication et les interactions sociales.
Les conclusions de l’étude susmentionnée figurent dans trois articles interreliés, respectivement publiés dans BMJ Global Health, PLOS Global Public Health et dans The Lancet Regional Health – Africa. Ensemble, ces articles combinent des données probantes fondées sur la population avec les résultats de consultations menées auprès de la communauté et avec une analyse mettant l’accent sur les politiques. Ces articles mettent aussi en lumière le bien-être parental comme facteur de protection important.
La santé mentale des parents : un facteur de protection
En plus de documenter l’ampleur du besoin, les travaux de recherche susmentionnés font ressortir le rôle crucial du bien-être parental pour ce qui est de cultiver la santé mentale chez le jeune enfant. Il a été démontré que les enfants dont la mère affirmait avoir une bonne santé mentale — témoignant d’un bien-être émotionnel, psychologique et social — ont été nombreux à présenter un nombre plus faible de problèmes socio-émotionnels. Chez les filles, le fait que le père ait une bonne santé mentale et que la mère ait recours à des stratégies disciplinaires positives était aussi associé à de meilleurs résultats.
Les conclusions susmentionnées, publiées dans BMJ Global Health, suggèrent que le renforcement du bien-être parental et l’adoption de pratiques de soins soutenantes peuvent offrir des occasions importantes de faire la promotion de la santé mentale pendant les premiers stades de la vie.
Points de vue de la communauté visant à documenter la conception des interventions
Des entrevues qualitatives et des échanges effectués dans des groupes de discussion, qui réunissaient plus de 80 mères, pères, proches aidants n’étant pas les parents ainsi que des aînés membres des mêmes communautés, sont venus compléter les conclusions fondées sur la population. Les participantes et les participants ont expliqué comment ils soutiennent actuellement le développement de leurs enfants. Ils ont aussi décrit comment ils relèvent les défis auxquels ils font face quant au maintien de leur propre santé mentale; ils ont également parlé de la manière dont ils franchissent les obstacles et les facteurs facilitants pour s’engager dans des pratiques de prestation de soins positives.
Les conversations auxquelles il est fait référence ci-dessus ont fait ressortir le besoin de mesures de soutien fondées sur la communauté et accessibles, portant sur la santé mentale des parents et sur les pratiques parentales. Ces données ont offert un contexte important quant à la transposition des données probantes de la recherche en interventions concrètes. Les conclusions de ces travaux qualitatifs ont été publiées dans PLOS Global Public Health.
Passer des données probantes à l’action
Afin d’assurer des retombées de ses travaux dans le monde réel, la professeure Ahun ainsi que ses collaboratrices et ses collaborateurs ont organisé deux activités communautaires réunissant des participantes et des participants à l’étude ainsi que des travailleuses et des travailleurs de la santé. Au cours de ces activités, on a discuté des conclusions de l’étude et de leur implication dans les services locaux destinés à soutenir le bien-être des parents et celui des enfants. On a également organisé un atelier misant sur la dissémination des connaissances, à l’intention des responsables des politiques et d’autres intervenantes et intervenants, afin de leur permettre de réfléchir sur les conséquences des conclusions et d’explorer la manière dont les systèmes et les services peuvent soutenir plus efficacement la santé mentale des enfants et le bien-être des familles. Le contenu de ces discussions a documenté un appel à l’action publié dans The Lancet Regional Health – Africa, décrivant les mesures prioritaires à prendre dans le but de renforcer les systèmes de santé mentale destinés aux enfants.
Les recommandations soulignent l’intégration du dépistage des problèmes de santé mentale chez les jeunes enfants dans les soins de santé primaires, élargissant ainsi l’accès à des services de santé mentale destinés aux mères et développant des interventions fondées sur la culture et sur la famille. Les médias locaux et nationaux du Ghana ont couvert les activités portant sur la dissémination des connaissances et sur les dialogues axés sur les politiques; une subvention des Instituts de recherche en santé du Canada a financé les activités de planification et de diffusion.
Prochaines étapes
Ensemble, les résultats des travaux de recherche susmentionnés orienteront le développement d’une intervention à plusieurs composantes, visant l’amélioration de la santé mentale des jeunes enfants au Ghana. De futurs travaux, bénéficiant du soutien de la professeure Ahun, qui est bénéficiaire du programme de bourses de recherche CIFAR Jacobs (2026–2028), vont continuer à mettre l’accent sur la collaboration avec les communautés, les cliniciennes et les cliniciens ainsi qu’avec les responsables des politiques locaux.
À propos des publications
Les auteures et les auteurs de l’article intitulé « Prevalence and correlates of mental health difficulties in young Ghanaian children » sont Marilyn N. Ahun, Josie Brooks, David Djani Kotey, Ramanakumar V. Agnihotram et Richard Appiah. Cet article a été publié dans BMJ Global Health, 11, e018658 (2026). DOI : 10.1016/j.lanafr.2025.100010
Les auteures et les auteurs de l’article intitulé « Community-identified priorities for parenting and parental mental health in coastal Ghana: Formative insights to shape a multi-component intervention » sont Faiza Abdul, Kafui K. Dzorgbesi, Shirley-Anne Lutterodt, David Djani Kotey, Richard Appiah et Marilyn N. Ahun. Cet article a été publié dans PLOS Global Public Health le 3 février 2026. DOI : 10.1371/journal.pgph.0005915
Les auteures et les auteurs de l’article intitulé « Giving children the best start in life: promoting young children’s mental health in Ghana » sont Marilyn N. Ahun, Richmond Acquah-Coleman, Seth Adu-Afarwuah, Richard Appiah et collègues. Cet article a été publié dans The Lancet Regional Health – Africa, 100010 (2026). DOI : 10.1016/j.lanafr.2025.100010
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