Le champion du Super Bowl a terminé sa résidence en médecine de famille et est prêt à entamer un nouveau chapitre de sa vie
La dernière fois que la communauté étudiante mcgilloise a eu des nouvelles de Laurent Duvernay-Tardif, c’était en 2020. On se souviendra que l’année avait été bien remplie pour le diplômé en médecine de McGill : Super Bowl en février; renoncement à la saison de la NFL en juillet pour soigner des patients atteints de la COVID-19 et « Sportif de l’année » du Sports Illustrated en décembre.
De retour dans la NFL, il a disputé deux saisons avec les Jets de New York avant de prendre sa retraite en 2023. Revenu à la médecine l’année suivante, le McGillois a officiellement terminé sa résidence en médecine de famille le mois dernier.
« Est-ce que je reprends mes études? Est-ce que je veux encore être médecin? Je me suis beaucoup questionné, se souvient le diplômé. À un moment donné, on réalise que c’est vraiment une vocation. Lentement, mais sûrement, j’ai retrouvé ma motivation première pour la médecine. J’aime vraiment ça. »
Au cours de sa formation, Laurent a travaillé en soins intensifs, en obstétrique, en salle d’urgence ainsi que dans un centre de traumatologie, et il a déjà commencé un stage de perfectionnement d’un an en médecine d’urgence. Pendant tout ce parcours, il s’est toujours considéré comme « un étudiant de McGill » et il a même préparé ses examens de résidence dans une bibliothèque de l’Université.
« Sans McGill, je n’aurais jamais pu mener une double carrière en football et en médecine. L’Université a cru en mon projet et m’a donné les moyens de le réaliser, et je lui en suis très reconnaissant. »

Un médecin toujours en mouvement
De retour en médecine après sa carrière dans la NFL, Laurent n’avait rien du résident typique. En effet, qui d’autre pourrait se vanter de posséder une boulangerie, d’avoir été correspondant spécial aux Jeux olympiques de Milan-Cortina ou d’avoir créé sa propre fondation caritative?
Souhaitant continuer de poursuivre plusieurs activités, Laurent envisage de travailler comme médecin dépanneur en région éloignée.
« Je pourrais travailler cinq jours sans relâche dans une petite collectivité rurale où l’on a besoin d’un médecin, à Sept-Îles ou en Gaspésie, par exemple, puis rentrer chez moi et faire autre chose. »
« C’est un peu ce que je faisais au football : je prenais l’avion, je jouais, puis je rentrais, et ainsi de suite. Cette liberté me permettrait de me consacrer à d’autres choses que la médecine, alors je crois que ce style de travail me conviendrait parfaitement. Je veux continuer à mener plusieurs projets. »
Laurent pourrait exercer à Montréal un jour, confie-t-il, mais pas avant un moment : « Ma curiosité me pousse au mouvement. Je vais me poser dans quelques années. »

Du football aux beaux-arts
Laurent Duvernay-Tardif s’intéresse toujours au football. Comme il doit souvent travailler la nuit, il ne le suit pas autant qu’il le souhaiterait, mais il regarde tout de même quelques matchs des Chiefs chaque saison.
« Les matchs des Chiefs contre Buffalo, les Patriots et les Eagles sont toujours intéressants en raison de la rivalité entre les équipes. J’en garde de nombreux souvenirs. Quand on quitte le football, on sait qu’on ne pourra plus jamais y revenir; quand c’est fini, c’est fini. »
Le sport lui manque, mais Laurent a mis à profit ce que lui ont appris ses années comme athlète professionnel pendant sa résidence en médecine.
« Le sport nous apprend des choses utiles à l’extérieur du cadre sportif : gestion du stress, résilience, résolution de problèmes. Au bout du compte, la médecine consiste essentiellement à résoudre des problèmes; c’est un apprentissage qui ne se termine jamais. »
Les amateurs ne seront sans doute pas étonnés d’apprendre que l’activité physique occupe toujours une place importante dans la vie de Laurent et qu’il trouve le temps de faire du vélo de route, et de jouer au disque d’équipe (ultimate Frisbee) ou au pickleball avec ses amis; par contre, ils seront peut-être surpris d’apprendre qu’il s’intéresse aussi aux arts.
La Fondation Laurent-Duvernay-Tardif organise des activités parascolaires autant artistiques que sportives dans 70 écoles du Québec. Laurent confie que sa conjointe travaille dans le milieu des arts, et qu’ils sont tous deux de fervents collectionneurs.
Cela peut surprendre, mais pour celui qu’on a déjà décrit comme « l’homme le plus intéressant de la NFL », c’est tout à fait naturel.
« L’important, c’est de repousser ses limites de différentes façons. »
