Nous nous sommes entretenus avec Beth-Ann Cummings, MDCM, à l’issue de sa première année à titre de vice-doyenne exécutive à l’éducation et à l’engagement communautaire. La Dre Cummings fait le point sur le mandat élargi de son bureau, qui englobe désormais des priorités relatives à l’engagement communautaire ainsi que de nouvelles orientations pour la formation professorale et interprofessionnelle. Elle nous donne aussi un aperçu de l’année à venir.
Vous occupez ce poste depuis environ un an. Comment cela se passe-t-il?
Je suis reconnaissante envers mes collègues ainsi que les apprenants et apprenantes d’avoir pris le temps de me parler de leurs projets et de leurs priorités. C’est ce que je trouve le plus stimulant de toute cette aventure. Le travail en enseignement et en engagement communautaire, qu’il soit individuel ou accompli par les unités et les départements, est exceptionnel, et l’enthousiasme dont tout le monde fait preuve pour mieux servir nos apprenants et apprenantes, notre personnel, notre corps professoral et les communautés du Québec est tout à fait admirable.
Le mandat du vice-décanat exécutif s’est élargi. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur la nouvelle structure et sur les raisons qui ont motivé ce changement?
Mon mandat s’articule désormais autour de deux pôles d’activité : l’engagement communautaire et l’appartenance, d’une part, et le soutien, l’enrichissement et l’innovation pédagogiques, d’autre part. Quand on parle d’éducation, il est question de préparer une relève qui pourra répondre aux besoins futurs de la société québécoise, de la société élargie et des communautés que nous servons. Le rapprochement de l’éducation et de l’engagement communautaire nous pousse à définir les liens qui existent entre ces deux sphères et à les renforcer continuellement, en particulier pour les professions de la santé.
Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur ces deux pôles d’activités, en commençant par l’engagement communautaire et l’appartenance?
En rassemblant les chefs de file en engagement communautaire et en appartenance de nos écoles, ce pôle nous offre une vue d’ensemble des différents liens que nous entretenons déjà avec les communautés. Nous voulons renforcer les relations existantes, tout en nous assurant que ce que nous construisons pour l’avenir profite à la fois à notre Faculté et à la communauté.
Ce pôle comprend le Programme autochtone des professions de la santé, qui demeure un programme distinct doté de sa propre direction. En transposant le travail accompli avec les communautés autochtones à l’ensemble de la Faculté, nous apprenons de ces expériences, notamment en matière de relations communautaires, et pouvons ainsi créer une communauté d’alliés. Un petit groupe de membres autochtones du corps professoral et de l’effectif étudiant ne peut assumer à lui seul toute la responsabilité des relations communautaires et de la pédagogie. Nous devons accomplir ce travail ensemble.
Qu’en est-il du pôle Soutien, enrichissement et innovation pédagogiques?
Ce pôle réunit l’équipe de la formation professorale, rebaptisée Enrichissement et développement du corps professoral (EDProf), dirigée par la vice-doyenne Sophie Vaillancourt, et celle de la formation interprofessionnelle, dirigée par la professeure Cynthia Perlman; ces équipes conservent toutefois leurs expertises respectives. En reliant les activités fondamentales en éducation qui transcendent les frontières de nos écoles, nous optimisons le travail accompli dans le domaine.
L’équipe EDProf vient de lancer une initiative de ce type : un nouveau module de microapprentissage en ligne intitulé Introduction à la supervision clinique. Cette microformation, accessible sur demande en français et en anglais, est mise à la disposition des superviseures et superviseurs cliniques de partout au Québec qui encadrent nos stagiaires des professions de la santé. La qualité de la formation clinique que nous offrons repose sur ces personnes, et nous leur sommes reconnaissants de leur engagement. Par cette nouvelle approche en engagement et développement du corps professoral, nous reconnaissons la valeur de leur travail et les appuyons dans leurs fonctions grâce à des activités offertes dans la langue de leur choix et à leur rythme.
Selon vous, quels sont les principaux défis que le personnel enseignant en santé devra relever au cours de la prochaine année?
Les contraintes budgétaires qui pèsent sur l’enseignement supérieur et les soins de santé au Québec représentent un gros défi. Nous préparons les apprenants et apprenantes pour une carrière en sciences biomédicales, en santé des populations, en santé mondiale et dans les professions de la santé dans un contexte en pleine mutation. Pour ce faire, nous devons être à la fine pointe de l’enseignement et continuer à recruter des talents exceptionnels dans nos programmes d’études avant-gardistes, qui leur ouvriront la voie vers un avenir professionnel prometteur, malgré les obstacles.
L’autre défi qui nous attend – et qui est également une occasion à saisir – sera l’utilisation de l’intelligence artificielle en enseignement malgré les risques inhérents de partialité, surtout en ce qui concerne certaines populations étudiantes. Parallèlement, l’IA pourrait nous libérer de certaines tâches afin que nous puissions nous concentrer sur des tâches plus importantes. Nous devons déterminer ce que nous pouvons et devons confier à la technologie.
Par ailleurs, nous continuons de réfléchir à la question de l’appartenance dans tous les aspects de l’enseignement des sciences de la santé. Nous poursuivons nos efforts de lutte contre le racisme anti-noir et en matière de vérité et de réconciliation, tout en ayant conscience que d’autres groupes et communautés souffrent également de racisme, de discrimination et d’exclusion. L’accessibilité est l’une de nos priorités pour l’avenir, tout comme la promotion de la réussite et du sentiment d’appartenance au sein de notre communauté apprenante, de notre corps professoral et de notre personnel grâce aux principes de conception universelle.
Comment la Faculté de médecine et des sciences de la santé peut-elle mieux épauler ses enseignants et enseignantes en ce qui concerne ces défis?
Nous devons entrer en contact avec un plus grand nombre de personnes en utilisant des moyens qui leur conviennent. C’est pourquoi je suis très enthousiaste à propos de la nouvelle série en ligne d’EDProf, Introduction à la supervision clinique. Sachant que notre communauté enseignante et en supervision clinique est répartie aux quatre coins du Québec, les activités en présentiel sont inaccessibles pour beaucoup. En outre, la Faculté compte quatre écoles de professions de la santé, et donc une communauté enseignante aux besoins pluriels. La série Introduction à la supervision clinique tient compte de cette réalité, en offrant des modules adaptés à la médecine, aux sciences infirmières et aux sciences de la réadaptation.
Toutefois, nous commettrions une erreur en cessant d’offrir des occasions de se rencontrer, d’échanger et d’apprendre en présentiel, ce qui nourrit le sentiment d’appartenance et de communauté. Je suis heureuse de constater que de nombreux groupes recommencent à organiser des réunions et des activités en présentiel, tout en offrant des options hybrides pour favoriser l’accessibilité. J’ai moi-même mis sur pied plusieurs comités en éducation et engagement communautaire qui réunissent des membres de l’équipe de direction de nos six écoles. En groupe, nous établissons nos priorités et déterminons nos préoccupations communes, et nous nous aidons mutuellement à réussir en sciences de la santé.
Nous devons veiller à ce que le corps professoral et les responsables de l’enseignement et de la supervision – qui constituent la pierre angulaire de notre mission d’enseignement – aient accès en tout temps à des communautés de pratique et de soutien.
Y a-t-il une personne ou un mentor en particulier qui vous a donné l’envie d’occuper ce poste?
La professeure Annette Majnemer, qui a été la première vice-doyenne exécutive à l’éducation, est certainement la personne qui m’a le plus inspirée. J’ai eu le plaisir de collaborer étroitement avec elle lorsque j’étais vice-doyenne adjointe à l’enseignement des professions de la santé. C’était la première fois que je travaillais pour une gestionnaire qui n’était pas issue du milieu médical. À ses côtés, j’ai appris que chacun d’entre nous a sa propre vision du monde, et que plus il y a de points de vue différents, mieux c’est. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles j’étais si enthousiaste à l’idée que ce poste englobe à la fois l’éducation et l’engagement communautaire. Je crois qu’en adaptant notre enseignement aux besoins des communautés que nous servons – tout en favorisant un sentiment d’appartenance au sein de notre propre communauté –, nous détenons la clé d’une fusion réussie.

