Aujourd’hui étudiant au programme double MDCM-Ph. D. de l’Université McGill, Daniel Mendelson y est parvenu par des chemins de traverse, poussé par la curiosité intellectuelle. D’abord attiré par la profession de cuisinier, puis celle de juriste, il a fait un baccalauréat en psychologie avant de se réorienter vers un parcours qui combine médecine clinique et recherche, avec un intérêt marqué pour le système nerveux.
C’est au cours d’une année sabbatique suivant son baccalauréat qu’il a décidé de changer de cap. « Ça m’a permis de réfléchir à mon avenir et de réaliser que j’étais tout autant attiré par la recherche que par la pratique clinique. Je valorisais tant le défi intellectuel de l’une que le contact humain de l’autre. »
Mais cette dualité s’applique aussi à la psychologie. Pourquoi alors être passé à la médecine? Daniel explique qu’au cours de ses études en psychologie, il était bénévole dans des cellules de crise vouées à porter assistance aux gens ayant des idées suicidaires. « J’ai découvert que les questions neurophysiologiques associées à la détresse psychologique m’intéressaient beaucoup. Après avoir consulté des gens de mon entourage, la neuroscience s’est imposée à moi. »
Le programme en médecine et recherche de McGill lui permet de conjuguer ces passions. « J’aime la synergie que me procure ce programme combiné », explique Daniel. « L’idée de mener des recherches qui sont guidées par des problèmes identifiés en clinique me plaît. Ça permet de transférer directement aux patients les avancées de la recherche et de maximiser les retombées pour ma communauté. »
Dans ses recherches doctorales au sein du laboratoire MICA, dirigé par Boris Bernhardt, Daniel étudie l’épilepsie réfractaire aux médicaments et les façons d’améliorer les méthodes diagnostiques dans de tels cas. Il s’est d’ailleurs récemment rendu au Brésil pour suivre un atelier pour médecins et chercheurs sur les méthodes diagnostiques de pointe pour l’épilepsie.
Au sein du programme, Daniel se distingue également par ses idées claires et ses talents oratoires : il vient de remporter le concours Ma thèse en 180 secondes, qui, comme son nom l’indique, consiste à vulgariser son projet de recherche doctorale en trois minutes. « Bien que mes cours et la littérature soient tous en anglais, j’ai choisi de participer en français pour conserver mes habiletés dans cette langue et pour partager mes travaux avec cette communauté ».
Ces mêmes qualités l’ont mené à faire partie de l’équipe qui a présenté le point de vue de l’Association des étudiant(e)s en médecine de l’Université McGill à la commission parlementaire sur le projet de loi 83, qui exige que tous les étudiants en médecine du Québec s’engagent à exercer leur profession dans la province pendant les cinq premières années de leur carrière. D’importantes pénalités sont prévues s’ils refusent. « Devant la commission, nous avons demandé l’abandon de ce projet de loi, car nous croyons qu’il restreint les droits et les libertés des jeunes médecins et qu’il ne répond pas aux problèmes actuels du système de santé. Pire, nous craignons qu’il empire la situation en décourageant les études de médecine au Québec et qu’il nuise aux relations entre les professionnels de santé et le gouvernement. »
Le programme double médecine-recherche est exigeant. Mais Daniel, qui est aussi président de l’association étudiante de son programme, ne craint pas le volumineux travail qu’il devra abattre. « J’ai beaucoup travaillé, dès mon plus jeune âge, cumulant parfois deux ou trois emplois », raconte-t-il. « J’ai même quitté le nid familial et me suis loué un appartement pour changer de bulle sanitaire et porter assistance aux résidents de CHSLD durant la COVID. » Une détermination et un engagement sur plusieurs fronts qui lui serviront bien au long de sa carrière de clinicien-chercheur.
