La conférence de 2026, dont le thème était « Accroître la capacité et retenir les talents dans les services sociaux et de santé », visait à réunir en personne divers partenaires pour discuter du renforcement et du maintien des capacités professionnelles bilingues en santé et en sciences sociales dans le secteur public. Plusieurs objectifs ont été atteints, à en juger par la participation enthousiaste de plus de 100 personnes – membres d’organismes communautaires, responsables des politiques, membres des communautés enseignante et de recherche des niveaux collégial et universitaire, spécialistes en sciences sociales et de diverses professions.
La conférence, tenue les 3 et 4 février, était parrainée par Santé Canada. Comme l’a souligné la chercheuse principale et directrice de Dialogue McGill, Carmen G. Loiselle, inf., Ph. D., MACSS : « Il existe un consensus, tous secteurs confondus, selon lequel le système public est en crise. La conférence nous a permis d’examiner divers facteurs contribuant à cette crise, notamment les tendances à l’exode des professionnels vers le secteur privé. »
Afin d’assurer une large représentation à la conférence, Dialogue McGill a lancé des invitations à des partenaires de partout au Québec, dont 29 organismes du secteur de la santé et 21 groupes et réseaux communautaires, ainsi qu’à des chercheuses et chercheurs du Québec et d’ailleurs au Canada. Dès la toute première présentation, Jacqueline Vachon, M. Sc., directrice associée de Dialogue McGill, a constaté que les participantes et participants à la conférence appréciaient l’occasion qui leur était offerte de découvrir les mesures prises actuellement pour retenir les membres du personnel bilingues dans le système public, ainsi que les nouvelles initiatives et stratégies conçues pour répondre à l’évolution rapide des besoins en matière de services.
La directrice de l’École des sciences infirmières Ingram, Lynne McVey, est l’une des trois personnes qui ont abordé le sujet du recrutement et de la rétention de professionnels de la santé bilingues dans le secteur public. Animée par Jean Robert, Ph. D., membre de l’Ordre du Canada, la table ronde comptait également sur la participation de Jennifer Johnson, directrice générale du Réseau communautaire de santé et de services sociaux, et de Charles Godbout, Ph. D., gestionnaire de recherche au Consortium national de formation en santé. Les panélistes ont convenu que, même si, en théorie, les patients au Canada ont le droit fondamental d’être servis dans la langue officielle de leur choix, en pratique, dans de nombreuses régions du pays, il n’est pas toujours facile de respecter ce choix. De plus, dans les milieux ruraux isolés, d’autres problèmes se posent en matière de recrutement de personnel, ce qui rend le mentorat et l’engagement communautaire particulièrement importants.
Le système public de santé ne s’étant pas encore remis de l’exode des infirmières survenu pendant la pandémie, la professeure McVey a préconisé des approches créatives en matière de recrutement et de fidélisation, notamment un accès plus facile à des cours de langue. À titre d’exemple, elle a présenté deux stratégies novatrices mises en place à l’École des sciences infirmières Ingram. Le premier est le programme de formation continue en ligne Formation en administration de la santé pour infirmières et infirmiers cadres, destiné aux directrices et directeurs, aux gestionnaires, aux infirmières praticiennes spécialisées et aux autres membres du personnel infirmier qui visent des postes de direction en santé. Élaboré et donné par la professeure McVey, ce cours unique en son genre explore de nouveaux paradigmes sur la gestion des soins de santé, selon lesquels les projets infirmiers novateurs sont bien adaptés pour faire face à des événements complexes et imprévisibles. La deuxième innovation, que l’École implante en ce moment, consiste à intégrer des cours de français au baccalauréat en sciences infirmières pour attirer des étudiantes et étudiants d’ailleurs au Canada qui pourraient autrement hésiter à soumettre une demande d’admission à McGill. Dialogue McGill et le Centre d’enseignement du français de l’Université collaborent avec l’École des sciences infirmières Ingram pour élaborer ces cours de français adaptés au secteur de la santé.
Outre les professeures McVey et Loiselle, cette dernière ayant également un poste à l’École des sciences infirmières Ingram, Helen Martin, associée aux activités professorales au Bureau des partenariats cliniques de l’École, a présenté la communication « Designing Clinical Placement Capacity at Scale: Protocol of a Lean Six Sigma–Informed Systems Approach to Strengthening Canada’s Nursing Workforce Pipeline » la première journée du congrès, accompagnée d’une affiche intitulée « From Firefighting to Forecasting: Using Key-Dates Trackers to Stabilize the Clinical Education Workforce. »
Dans l’ensemble, la conférence a souligné le rôle indispensable que joue Dialogue McGill en aidant à répondre aux besoins de la population partout au Québec, à former les professionnels et à renforcer les capacités de la main-d’œuvre, tout en menant des recherches sur des tendances émergentes et prometteuses. « La conférence nous a aussi permis de recueillir auprès de nos partenaires des commentaires essentiels qui serviront à éclairer notre prochaine demande de renouvellement de financement auprès de Santé Canada, processus que nous suivons tous les cinq ans. Nous disposons déjà d’un volume important de données qui documentent notre influence positive sur le recrutement, la formation et la fidélisation de professionnelles et professionnels de la santé et des services sociaux bilingues », affirme la professeure Loiselle.
Cette année, la conférence s’est déroulée en mode présentiel, ce qui, selon les deux organisatrices, a amélioré la participation et la communication entre les participants. « Certains de nos partenaires nous ont dit avoir établi de nouvelles collaborations grâce à leur participation à la conférence, pendant les activités, mais aussi de manière informelle lors des pauses et des repas. De nouvelles pistes de recherche ont également été proposées. Je ne pense pas que ça aurait été possible en mode virtuel », indique Jacqueline Vachon.




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