Dans cette nouvelle série, nous mettons de l’avant les plateformes technologiques de la Faculté de médecine et des sciences de la santé, de même que leur rôle de premier plan dans nos activités de recherche.  

 

Dans notre première édition, nous faisons connaissance avec l’équipe derrière la Plateforme de découverte de médicaments en phase précoce (PDMPP) du Neuro, une plateforme de modélisation in vitro de maladies du cerveau à l’aide de cellules souches. Le directeur de la PDMPP, Thomas Durcan, Ph. D., professeur agrégé de neurologie et de neurochirurgie, et deux grands utilisateurs – la DreGeneviève Bernard, professeure au Département de neurologie et de neurochirurgie et au Département de pédiatrie, et Christopher Moraes, Ph. D., titulaire de la Chaire de recherche du Canada (niveau II) en micro-environnements cellulaires avancés et professeur agrégé au Département de génie chimique – nous expliquent ce qui fait le succès de cette plateforme technologique. 

 

En quelques mots, qu’est-ce que la Plateforme de découverte de médicaments en phase précoce, ou PDMPP?  

Thomas Durcan (TD) : Il s’agit d’une plateforme où l’on génère, en collaboration avec la biobanque multimodale en libre accès C-BIG du Neuro, des cellules souches pluripotentes induites dérivées de personnes atteintes de troubles neurologiques.  

 

Pourriez-vous nous parler d’une avancée récente réalisée à la PDMPP? 

TD : Une initiative récente menée par le Laboratoire Fon et par Ghislaine Deyab, actuellement en prépublication (Deyab et coll., 2025), a mis en évidence l’apparition au fil du temps des anomalies de l’activité du réseau dans un modèle organoïde du mésencéphale atteint de la maladie de Parkinson.  

 

Quelles possibilités de formation et d’apprentissage la PDMPP offre-t-elle? 

TD : Notre équipe comprend un groupe diversifié de spécialistes en cellules dérivées de cellules souches pluripotentes induites. Nous sommes heureux de pouvoir former toute personne intéressée par la culture et la différenciation de ces cellules. À ce jour, nous avons formé environ 375 utilisateurs, notamment des étudiants et du personnel de laboratoires et d’entreprises du Québec et d’ailleurs. 

Conformément à la mission de science ouverte du Neuro, nos protocoles sont librement accessibles sous forme de fichiers PDF téléchargeables sur notre site Web et notre pôle de ressources. Afin d’aider davantage la communauté scientifique, nous avons également créé des protocoles vidéo pour fournir des démonstrations visuelles claires des principales techniques de culture de cellules souches. Ces vidéos sont disponibles en plusieurs langues, notamment en espagnol, en portugais, en arabe et en français, car nous souhaitons rendre ces connaissances accessibles aux chercheurs du monde entier. 

Nous organisons également plusieurs fois par an un séminaire virtuel sur les cellules souches pluripotentes induites afin de permettre à nos utilisateurs de découvrir les dernières avancées en matière de recherche sur le sujet à travers le monde. Le séminaire est ouvert à tous et permet aux stagiaires d’accéder à un portail où ils peuvent s’informer sur les techniques émergentes et les études scientifiques récentes dans ce domaine. 

 

Selon vous, en quoi la PDMPP se distingue-t-elle des autres plateformes technologiques de l’Université McGill? 

TD : De nombreuses autres plateformes sont axées sur l’aide à la création d’une lignée cellulaire ou à la réalisation d’un test. À la PDMPP, nous pouvons vous aider dans tous les aspects d’un projet. Vous êtes novice en matière de cellules souches? Nous pouvons vous accompagner dès le début, en vous guidant à travers les étapes nécessaires à la formation et à l’utilisation de cellules souches pluripotentes induites. Nous travaillons ensemble pour adapter les flux de travail existants ou en créer de nouveaux, et nous collaborons avec les utilisateurs à la rédaction de demandes de subvention pour diverses indications thérapeutiques. Souvent, ces partenariats sont durables et s’épanouissent en un jardin de possibilités. 

 

Docteure Bernard, comment votre collaboration avec la PDMPP a-t-elle influencé la conception, l’exécution ou le succès de votre étude?  

Geneviève Bernard (GB) : Notre collaboration avec la PDMPP a mené à l’optimisation du flux de travail aux fins de génération et de caractérisation des oligodendrocytes à partir de cellules souches pluripotentes induites (https://doi.org/10.1002/glia.24524). Cette avancée fait maintenant partie intégrante de nos travaux, car nous cherchons à mieux comprendre le rôle des gènes responsables de l’apparition des leucodystrophies, tout en évaluant de nouveaux traitements. 

Au cours des sept dernières années, la PDMPP nous a été d’une aide précieuse, notamment en ce qui concerne la culture de cellules souches pluripotentes induites et la différenciation des oligodendrocytes ainsi que l’intégration de ces techniques dans notre propre espace de culture tissulaire.  

Leur infrastructure, combinée à leur ouverture à la mise au point conjointe de nouveaux tests, nous a permis de passer efficacement du concept à la mise en œuvre, ce qui nous a valu une subvention de recherche translationnelle de l’initiative D2R de l’Université McGill, à laquelle la PDMPP participera. 

 

Et vous, Professeur Moraes? 

Christopher Moraes (CM) : Grâce à la mécanique de précision, mon laboratoire conçoit des outils permettant de comprendre et de réguler le micro-environnement local pendant le développement des tissus et l’évolution des maladies. En collaboration avec la PDMPP, nous avons appliqué ce paradigme pour découvrir les principes d’organisation mécanique qui sous-tendent le développement des organoïdes cérébraux.  

 

Docteure Bernard et Professeur Moraes, quelles possibilités ou quels avantages uniques en matière de recherche la PDMPP vous a-t-elle apportés, notamment en matière de soutien technique, d’analyse de données ou d’accès à des technologies de pointe?  

GB : La PDMPP nous a donné accès à un écosystème hautement spécialisé d’expertise technique, d’infrastructures et de soutien collaboratif qu’il aurait été difficile de reproduire ailleurs. L’un des avantages majeurs est, tout simplement, d’avoir quelqu’un à proximité pour former les membres de mon laboratoire ou pour discuter de la pertinence de telle ou telle approche. La PDMPP nous a permis d’arriver jusqu’ici. La culture des cellules souches pluripotentes induites est bien établie dans mon groupe et la PDMPP n’est qu’à deux pas si nous avons besoin de conseils techniques, d’encouragements ou d’échanger des idées.  

CM : Le travail mené avec la PDMPP a été une véritable collaboration, leurs connaissances et nos technologies se développant de manière itérative pour définir le problème central et tirer parti de découvertes étonnantes traduites en applications concrètes et pratiques. Cet esprit de collaboration s’appuie sur les connaissances approfondies des spécialistes de la PDMPP dans le domaine du développement et de la maturation des organoïdes, ainsi que sur les pipelines d’analyse d’images internes et l’accès aux technologies de pointe en matière d’imagerie confocale et de clarification des tissus qu’ils ont mises au point. Si nous n’avions pas pu compter sur un soutien d’une telle ampleur et d’une telle portée et sur ces capacités techniques, il aurait été impossible de mener à bien nos travaux. 

 

Professeur Durcan, la PDMPP collabore-t-elle avec des partenaires des secteurs universitaire et privé? 

TD : Oui, notre infrastructure de pointe et nos flux de travail simplifiés sont conçus pour épauler à la fois les partenaires des secteurs universitaire et privé menant des recherches sur les cellules souches. Nous collaborons étroitement avec ces partenaires, tablons sur notre expertise pour renforcer leurs initiatives et accélérer la mise au point de traitements potentiels contre les maladies neurologiques. 

 

Quelle est la prochaine étape pour la PDMPP? 

TD : Nous sommes à explorer différents moyens d’attirer de nouvelles sources de financement afin de générer et de caractériser un nombre croissant de cellules souches pluripotentes induites, d’augmenter nos capacités de cytométrie en flux et d’imagerie à haute densité pour améliorer le criblage fondé sur la technologie CRISPR, et d’intégrer l’apprentissage automatique dans nos flux de travail. Pour ce faire, nous devons investir dans l’édition et l’analyse de données, et comptons y arriver en collaborant avec d’autres équipes et départements. Les ensembles de données de haute qualité issues des lignées cellulaires de nos patients seront un moteur important pour l’évaluation de nouvelles cibles et le criblage de nouveaux traitements. 

 

Voyez comment les plateformes technologiques peuvent vous aider 

Découvrez comment nos plateformes technologiques, notamment une carte interactive conçue pour l’exploration et la connexion à l’écosystème de recherche de notre faculté, peuvent vous aider dans vos recherches. 

 

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